Mare Nostrum

Jeudi 7 mai 2009

Lors de la visite du Roi Jordanien Abdullah II en l'Allemagne aujourd'hui, la chancelière allemande a très clairement dit que l'Allemagne choisissait la voie de deux États: Israel, mais aussi un vrai État palestinien.

En allemand dans le texte: "
Es gibt keine Alternative zu einer solchen Lösung."  (voir le communiqué de presse de la Chancellerie).
Ce qui est très intéressant, c'est que le discours cette fois-ci est très neutre et balancé, vu la tendance plutôt pro-israélienne qui est traditionnelle en politique étrangère allemande.

C'est donc un alignement sur la position qu'a adoptée Barack Obama clairement lui aussi les derniers temps (voir le commentaire sur Deutsche Welle).
Mais c'est aussi un gage en direction de l'Iran: si l'Iran soutient réellement à bout de bras le Hezbollah et le Hamas (ce qui n'est pas sûr), il n'aura pas intérêt à déclencher le feu nucléaire (s'il s'en dote un jour) sur Israel, rayant ses amis de la carte. Ses amis??? Ou plutôt les ennemis de ses ennemis? J'ai déjà souvent dit qu'il ne fallait pas confondre les deux.

Il faut voir la suite, car jeudi de la semaine prochaine, c'est le Ministre israélien des Affaires Étrangères qui est l'invité d'Angela Merkel...

Victor Fèvre

Par Victor Fèvre
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Vendredi 20 février 2009

Excusez-moi de publier lentement maintenant, mais je n'ai pas la possibilité d'accéder longtemps à un ordinateur ces jours-ci.

Toutefois, je signale un entretien du MAE allemand Steinmeier avec son homologue croate, Samuel Zbogar, lors de la visite de ce dernier en Allemagne (voir le site officiel du Auswärtiges Amt).

Une des constantes de géopolitique allemande, c'est de soutenir la Croatie dans les Balkans.

En effet, il semble même que Helmut Kohl ait menacé la France de ne pas ratifier le Traité de Maastricht en 1992 si la France ne reconnaissait pas la souveraineté croate. La France en effet, était plus attachée à la Serbie. Songeons à la constellation en 1914, il y a des parallèles.

Même si Steinmeier a souligné le fait que le litige opposant la Croatie et la Slovénie au sujet de leur frontière maritime, il a également évoqué la nécessaire montée en puissance de la "Coopération Orientale", initiative qui devrait être initiée par la présidence tchèque de l'UE, promouvant le commerce, la sécurité énergétique, l'amélioration de la bonne gouvernance et de la justice, la science et la culture. Et ca, c'est une initiative qui plaît à l'Allemagne, sa zone d'intérêt étant l'Est...

Victor Fèvre

Par Victor Fèvre
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Dimanche 1 février 2009

Le Premier Ministre turc Erdogan a fait une tirade au Forum Économique Mondial de Davos, fustigeant Israel - voici le texte complet (en allemand) ou un résumé (en anglais).
On peut dire qu'il s'est emporté.

En quoi est-ce important?

(1) l'image de la Turquie s'est bien dégradée - surtout puisque Erdogan a quitté ensuite le Sommet de Davos et a été accueilli par une foule en liesse à Ankara. Les réactions: la Turquie montre son vrai visage (voir ici). Quelle est l'image créée?

(2) c'est une Turquie qui est radicalement anti-Israel (Erdogan avait déjà dit que Israel s'auto-détruirait) et pro-Palestine.

(3) c'est une Turquie qui n'est pas laique, car elle soutient les ennemis d'Israel par sentiment de solidarité musulmane.

(4) c'est une Turquie qui n'est pas un pont entre l'Occident et l'Orient, mais un pays qui sépare l'Europe de l'Asie.

(5) là encore, peu importe de savoir si c'est vrai ou non, c'est l'image qui est créée qui compte. Et c'est de l'eau au moulin de tous ceux qui ne veulent pas de la Turquie dans l'Union Européenne.
Hormis toutes les considérations géographiques, économiques, humanitaires dont on débat actuellement, c'est le jeu d'alliances qui va désormais jouer un rôle dans les négotations. Les États européens sont pour la plupart très proches d'Israel (avant tout l'Allemagne), alors ils ne voudront pas d'une ennemie farouche de l'État d'Israel.

(6) cela pose aussi des questions sur la relation entre la Turquie et les États-Unis (au sein de l'OTAN). Les Turcs avaient joué finement lors des deux guerres du Golfe, mais la Turquie risque de se décrédibiliser elle-même comme partenaire stratégique.

Victor Fèvre
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Mardi 18 novembre 2008

Il était devenu urgent pour le gouvernement allemand de s'entendre avec le gouvernement italien. En effet, un nuage surgissait à l'horizon...

La Cour de Cassation italienne a condamné cette année l'État allemand à deux reprises à indemniser des particuliers italiens, spoliés lors des exactions nazies sur territoire italien.

(1) des possessions allemandes en Italie telles que le Goethe Institut pourraient être saisies

(2) l'Allemagne a versé des dommages et intérêts en 1961à l'Italie et rendait toute revendication supplémentaire caduque

(3) normalement, dans le droit international, un particulier ne peut pas accuser un autre État en justice. C'est l'immunité étatique. Donc, cette décision italienne pourrait faire jurisprudence, et ce sur le monde entier

(4) les conséquences pourraient être astronomiques, en tout premier lieu pour l'Italie (Lybie, Éthiopie...), mais partout sur le monde entier. N'importe qui n'importe où pourrait accuser un État s'il a vécu des sévices, et hélas, si toutes ces personnes allaient en justice, tout le système juridique international s'effondrerait.

Donc, afin de conserver l'ordre en place, il a semblé préférable, tant pour l'Allemagne et l'Italie, de limiter les dégâts. Ainsi, pour la forme, l'Allemagne attaquera l'Italie au Tribunal International de La Haye (Pays-Bas), pour annuler l'application de ce jugement. Et l'Italie soutient l'Allemagne...
D'ailleurs, pour bien affirmer la volonté commune des deux États à s'entendre, le Ministre des Affaires Étrangères, Steinmeier, a visité officiellement un camp de concentration près de Trieste, pour afficher la réconciliation définitive entre l'Allemagne et l'Italie.

> Beau rapprochement avec l'Italie pour l'Allemagne, qui peut continuer à affirmer qu'elle a des intérêts à défendre dans une Union Pour la Méditerranée... n'en déplaise aux francais!

> Dure journée pour Steinmeier, qui doit en même temps aussi essayer de se débrouiller à être présent sur la scène intérieure à cause de la situation catastrophique des industries automobiles allemandes, entraînées dans la crise financière. Son profil doit devenir plus national. Et la crise financière profite plus à la droite en allemagne qu'à la gauche (contrairement aux États-Unis dernièrement): la droite, de manière totalement schizophrène et comme Olivier Kempf le remarque tout à fait justement sur EGEA, tente désespérément de sauver les grandes marques de l'industrie automobile, meilleur baromètre de la santé de l'économie allemande, et ce par des moyens keynésiens. Si cela marche, la CDU gagnera beaucoup de points en septembre prochain.

Victor Fèvre
Par Victor Fèvre
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