Le nouveau sous-marin U-214 n'est plus un inconnu pour les habitués du blog. Et maintenant, c'est la marine polonaise qui souhaite en acquérir (voir ici ou ici)!
Il s'agirait à court terme sûrement de l'exemplaire initialement destiné à la Grèce. Mais elle ne paie pas (raison officielle, il y aurait quelques problèmes techniques). Donc, si la Pologne arrive
à dépenser 600 Millions d'Euros, elle aura le sous-marin "Papanikolis"!
Donc, en attendant que les finances suivent, c'est encore une bonne nouvelle pour l'industrie lourde d'armement allemande. Le carnet de commandes se remplit vite.
Hier, le Groenland a voté (75% de oui) pour plus d'autonomie vis à vis de Copenhague. Cui bono?
J'ai eu une longue discussion l'été dernier avec des danois qui venaient de retourner d'un long séjour au
Groenland. Ils disaient qu'il était clair que les habitants du Groenland désiraient plus d'autonomie.
Le pouvoir exécutif est détenu par les 7 membres du
Landsstyre, dirigé par le premier ministre. Le pouvoir législatif est aux mains du Landsting, parlement à 21 membres, qui décide de tout sauf des affaires étrangères, le
sous-sol groenlandais, la police, la justice et les forces armées du Groenland, prérogatives de la Couronne danoise.
Que va changer maintenant? Les habitants du Groenland vont
sûrement négocier l'utilisation de leurs richesses du sous-sol. Mais ce sera difficile d'être un partenaire crédible, et n'importe quelle compagnie qui voudra exploiter les ressources a plus
d'avocats à sa disposition qu'il n'y en a sur tout le Groenland... De plus, il n'y a pas de culture d'investissement au Groenland. L'argent serait donc sûrement gaspillé.
Notons au passage que le Groenland est dans la même
situation que la plupart des DOM-TOM francais, à savoir que cela coûte beaucoup plus au pouvoir central que ce que cela rapporte. Le Danemark doit payer chaque année des millions à
Nuuk.
Il me semble donc que les groenlandais se sont lésés
eux-mêmes avec ce référendum, sans même le savoir. D'ailleurs, les indépendantistes en Nouvelle-Calédonie aussi se demandent s'il n'est pas plus intéressant financièrement de garder leur statut
actuel et non de vouloir à tout prix l'indépendance complète...
Nous avons entendu la semaine dernière que Medvedev avait annoncé son intention de stationner des missiles près de Kaliningrad, l'ancienne Königsberg de la Prusse orientale. Ô stupeur! L'Ouest
n'avait pas vu le coup venir.
Ce matin, SEM l'ambassadeur de la République de Russie en Allemagne, Vladimir Kotenjow, a donné un entretien à la première chaîne
allemande, s'offusquant que "l'Ouest considère des annonces russes comme des menaces", alors qu'il ne s'agissait que d'une réflexion du président russe. Personne n'est dupe, et les russes savent
très bien pourquoi ils ont "émis cette idée".
Car les critiques envers le projet d'oléoduc sous-marin sous la Mer Baltique deviennent de plus en plus fortes. Et la Russie n'apprécie vraiment pas. Au début, il y avait eu évidemment la Pologne
et les Pays-Baltes, à cause de peurs que l'on comprend facilement et puisqu'ils sont écartés du programme, le pipe-line passant sous l'eau. Il y avait eu de nombreuses réactions, notamment
l'embargo sur la viande polonaise, ce qui avait empoisonné les relations au sein de l'UE, la Pologne montant alors sur ses grands chevaux à chaque décision.
Or désormais, les autres riverains de la Mer Baltique, à savoir la Suède et la Finlande, se sont également prononcés contre l'oléoduc, soi-disant pour des raisons écologiques... Surtout la Finlande
semble vexée maintenant, suite à une affaire de treillis (voir Bruxelles2). Alors là, cela commence vraiment à faire mal pour la
Russie.
Donc, la semaine dernière, Poutine a clairement fait comprendre aux allemands (et aux néerlandais) qu'ils avaient besoin de cet oléoduc, que la Russie pouvait vendre son gaz ailleurs sans problème.
Donc, les allemands essaient à nouveau d'amadouer les russes, car ils ont décidément très, très envie de cet oléoduc.
(1) les relations au sein de l'UE s'enveniment donc à nouveau sur le même sujet. Il reste à voir si les Polonais pourront contenir leur colère, car leur intransigeance affaiblit l'UE et renforce la
position russe.
(2) la solidarité de tous les pays riverains de la Mer Baltique devient de plus en plus forte, à chaque épreuve. Sauf l'Allemagne, qui préfère conserver ses liens avec la Russie.