Mercredi 24 décembre 2008
Comme je l'ai déjà répété à plusieurs occasions, l'OSCE est une organisation morte, si déplorable que cela puisse être. Elle n'a pas su s'adapter au nouvel environnement stratégique
mondial.
La mission en Géorgie, qui pourtant aurait pu être d'importance, va être tout simplement arrêtée à la Saint-Sylvestre 2008. Lors de la dernière réunion à Helsinki
justement (la Finlande avait la présidence de l'organisation, par un hasard ironique), le mandat de l'OSCE n'a pas été reconduit (voir ici).
Le MAE allemand a beau protester et affirmer qu'il tentera, avec la
prochaine présidence grecque, de recommencer une mission, il y a quelques enseignements à tirer:
(1) l'OSCE n'est plus désirée sur place, et c'est la seule organisation "politico-stratégique" (ONU à part) où la Russie bénéficie exactement du même statut que les pays européens ou les USA
(2) l'OSCE fait place à la mission européenne en place en Géorgie, l'EUMM. C'est ma thèse, l'OSCE est débordée du côté militaire par l'OTAN et du côté civil par l'UE, la rendant inutile.
(3) l'OSCE avait eu sa fondation en 1975 à Helsinki, et cette très mauvaise nouvelle dernièrement tombe, lors d'une réunion à Helsinki. La boucle est bouclée.
Victor Fèvre
Par Victor Fèvre
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Nous avions eu l'occasion de visiter le siège de l'OSCE à Vienne il y a quelques mois.
Une chose m'avait frappée: l'OSCE avait des problèmes existentiels évidents. Le budget s'était réduit à 146 Millions d'Euros selon leurs propres dires, et il existait un poste pour "L'égalité des
sexes à l'intérieur de l'organisation", dont la titulaire a bien voulu nous consacrer deux heures.
Cette organisation créée suite à la troisième corbeille des accords d'Helsinki (1975) avait été essentielle pour reprendre en main les PECO après l'effondrement de l'URSS. Elle a réussi à se
recycler une première fois ensuite en s'occupant des Balkans.
Pourtant, elle n'a pas réussi vraiment à se diversifier par la suite. Elle peut certes compter la Russie comme un de ses membres (contrairement à l'OTAN), mais cela l'handicape plus qu'autre chose
- songeons au mandat en Ossétie du Sud...
Les mandats de l'OSCE sont très contraignants et du côté mili, elle est débordée par l'OTAN, et du côté civil par l'UE. Ceci est vrai pour le Caucase, et ce jusqu'à l'Afghanistan. Ce mandat en
Géorgie est décidément providentiel pour la survie de l'organisation. Toutefois, je doute de l'efficacité réelle de cette mission. L'OSCE n'est plus et ne sera plus la "plate-forme" de discussion
avec le "Bloc Est".
Par Victor Fèvre
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