Voilà, il va falloir que je change ma présentation sur ce blog, car depuis une journée, je ne suis plus au Royaume des Pays-Bas, j'ai terminé mon année Erasmus.
Mais j'aimerais quand même revenir sur les élections européennes (qui ont déjà eu lieu le 4 juin aux Pays-Bas, ndlr). Bon nombre de partis ont fait campagne au sujet de la récession économique.
Et c'est là que cela devient intéressant, car on pourrait penser qu'en ces temps de crise, les électeurs se ruent massivement vers la gauche, fustigeant le modèle économique plutôt libéral que
propose la droite, contrairement à l'interventionnisme promu par la gauche.
On voit que ce n'est pas le cas: aux Pays-Bas, la gauche n'obtient que 11 sièges sur 27. En Allemagne, le SPD s'effondre. En France, le PS est en déroute. Pourquoi?
J'y vois une explication: l'Europe n'est pas percue comme la cause de la globalisation et de l'échec économique et financier, mais comme la voie pour
sortir de la crise.
De plus, la droite en France ne peut pas être accusée d'être néo-libérale (le Président Sarkozy ne l'étant pas radicalement, et les Francais n'ayant jamais beaucoup aimé le libéralisme à tout
craint); la droite en Allemagne prône la "soziale Marktwirtschaft", tout comme les socio-démocrates. Donc, les partis de droite ne peuvent être accusés
d'être responsables de la crise. Et l'Europe unie est une solution.
D'ailleurs, je vois que cette crise permet à l'Europe de se concentrer sur ce qu'elle faisait de mieux depuis quelques années, son succès historique: une
union économique et monétaire sans précédent et surtout extrêmement efficace. Le fait d'avoir une monnaie unique très stable grâce à la Banque Centrale Européenne indépendante a sauvé
beaucoup de pays d'une catastrophe économique, surtout au début de la crise, où la tentation de l'inflation était très grande.
Dernière objection: le taux d'abstention élevé? C'est partout pareil. Le Parlement est quelque chose dont on nous raconte que peu de choses, les médias ne s'y intéressent pas vraiment. Comment
espérer alors que les électeurs vont se ruer vers les urnes?
Et l'histoire du "déficit démocratique" (je sens que beaucoup d'étudiants en institutions européennes auront droit à ce sujet bientôt), est une "self-fulfilling prophecy": les bureaucrates
européens et nationaux parlent sans cesse du déficit démocratique - l'Union serait trop loin des citoyens - et nourissent en fait ces mouvements anti-européens par ce discours, transformant alors
une chimère en réalité politique.