Après plusieurs jours riches en événements (la RFA a fêté ses 60 ans, le Président Köhler a été réelu etc.), je voudrais me pencher brièvement sur la tempête qui a sévi en Europe occidentale, et
qui a fait un mort en Allemagne, une première estimation (sous-évaluée à mon avis) de 15 millions de dégâts aux Pays-Bas.
Le phénomène des tempêtes de plus en plus violentes s'accentue. Certains vous diront que c'est à cause du changement climatique. Je n'ai pas envie de m'étendre sur le débat de savoir si c'est vrai
ou non, mais je vais relever deux faits:
- le terme de "changement climatique" est très insatisfaisant. Le "climat" a une définition exacte, c'est l'ensemble des données statistiques météorologiques sur une période de trente ans. Il est
donc absurde de dire que le climat change, car il n'existe pas un climat de base, "normal", c'est une donnée objective qui nous sert d'outil.
- les citoyens sont soumis à un nombre incroyable de contraintes et de restrictions dès lors que l'on invoque l'écologie et le changement climatique. Peu importe le bien-fondé de ces mesures, il y
a moins de libertés qu'il y a cinquante ans. Ou bien, nous avons changé de définition de "liberté" en y incluant une notion de responsabilité (est-elle bien réelle ou comprend-on sa dimension???).
Remarquons que "Liberty" et "Freedom" ne signifient pas exactement la même chose en langue anglaise.
Revenons aux tempêtes.
Ce problème soulève la bonne gestion des ressources en eau.
De manière générale, nos rivières et fleuves ont été canalisés, permettant de rendre habitable les terres fertiles limitrophes aux cours d'eau et de rendre les eaux navigables.
Par contre, la biodiversité en a pâti et surtout, la capacité des fleuves pour véhiculer une soudaine quantité d'eau a été amoindrie.
Aujourd'hui, le problème de l'Europe occidentale, ce n'est pas le manque d'eau (précipitations en mm, cm ou L/m2), mais son inégale répartition non pas dans l'espace (marginal pour nous) mais
surtout dans le temps.
L'Allemagne veut surtout trouver des moyens de stocker l'eau dans d'immenses citernes lors de la fonte des glaces, afin de conserver l'eau pour l'été. C'est surtout le projet de la Bavière, qui est
en amont et qui peut se le permettre.
Les Pays-Bas, en aval (le Rhin, rassemblant tellement de rivières) et face à la mer, auront toujours assez d'eau. Mais face à une recrudescence soudaine des cours d'eau, il y a un énorme programme
pour rendre à l'eau un espace où la quantité d'eau est absorbée. On aménage les berges des rivières, "décanalisant" la Meuse par exemple, même les petits cours d'eau sont résolument creusés en
méandres, détruisant leur alignement précédent. Des zones marécageuses sont créées en rachetant des champs, des citernes souterraines construites au cas où il y aurait vraiment trop d'eau... Je le
vois au quotidien en me promenant ici.
En même temps de faire de beaux discours sur comment faire changer notre climat, ou d'arrêter de le changer ou je ne sais quoi, les États font face à des problèmes très réels et terre-à-terre. Pour
nos pays européens, un dés défis à relever est la gestion de l'eau.
À mon humble niveau, je vois qu'en Allemagne, fidèles à leur habitude d'ingénieurs, préfèrent trouver une solution "technique", en tout cas à court terme, alors qu'aux Pays-Bas, fidèles à leur
habitude d'être à la pointe des nouvelles technologies et modes, refaconnent l'environnement afin de permettre à la nature de reprendre progressivement ses droits. Et pourtant, les Pays-Bas ont
adopté une stratégie tellement classique, échanger de l'espace (des terres à disposition de l'eau) contre du temps (avant d'être submergé).