Changement climatique etc.

Publié le par Victor Fèvre


Après plusieurs jours riches en événements (la RFA a fêté ses 60 ans, le Président Köhler a été réelu etc.), je voudrais me pencher brièvement sur la tempête qui a sévi en Europe occidentale, et qui a fait un mort en Allemagne, une première estimation (sous-évaluée à mon avis) de 15 millions de dégâts aux Pays-Bas.

Le phénomène des tempêtes de plus en plus violentes s'accentue. Certains vous diront que c'est à cause du changement climatique. Je n'ai pas envie de m'étendre sur le débat de savoir si c'est vrai ou non, mais je vais relever deux faits:

- le terme de "changement climatique" est très insatisfaisant. Le "climat" a une définition exacte, c'est l'ensemble des données statistiques météorologiques sur une période de trente ans. Il est donc absurde de dire que le climat change, car il n'existe pas un climat de base, "normal", c'est une donnée objective qui nous sert d'outil.
- les citoyens sont soumis à un nombre incroyable de contraintes et de restrictions dès lors que l'on invoque l'écologie et le changement climatique. Peu importe le bien-fondé de ces mesures, il y a moins de libertés qu'il y a cinquante ans. Ou bien, nous avons changé de définition de "liberté" en y incluant une notion de responsabilité (est-elle bien réelle ou comprend-on sa dimension???). Remarquons que "Liberty" et "Freedom" ne signifient pas exactement la même chose en langue anglaise.

Revenons aux tempêtes.
Ce problème soulève la bonne gestion des ressources en eau.

De manière générale, nos rivières et fleuves ont été canalisés, permettant de rendre habitable les terres fertiles limitrophes aux cours d'eau et de rendre les eaux navigables.
Par contre, la biodiversité en a pâti et surtout, la capacité des fleuves pour véhiculer une soudaine quantité d'eau a été amoindrie.

Aujourd'hui, le problème de l'Europe occidentale, ce n'est pas le manque d'eau (précipitations en mm, cm ou L/m2), mais son inégale répartition non pas dans l'espace (marginal pour nous) mais surtout dans le temps.

L'Allemagne veut surtout trouver des moyens de stocker l'eau dans d'immenses citernes lors de la fonte des glaces, afin de conserver l'eau pour l'été. C'est surtout le projet de la Bavière, qui est en amont et qui peut se le permettre.

Les Pays-Bas, en aval (le Rhin, rassemblant tellement de rivières) et face à la mer, auront toujours assez d'eau. Mais face à une recrudescence soudaine des cours d'eau, il y a un énorme programme pour rendre à l'eau un espace où la quantité d'eau est absorbée. On aménage les berges des rivières, "décanalisant" la Meuse par exemple, même les petits cours d'eau sont résolument creusés en méandres, détruisant leur alignement précédent. Des zones marécageuses sont créées en rachetant des champs, des citernes souterraines construites au cas où il y aurait vraiment trop d'eau... Je le vois au quotidien en me promenant ici.

En même temps de faire de beaux discours sur comment faire changer notre climat, ou d'arrêter de le changer ou je ne sais quoi, les États font face à des problèmes très réels et terre-à-terre. Pour nos pays européens, un dés défis à relever est la gestion de l'eau.
À mon humble niveau, je vois qu'en Allemagne, fidèles à leur habitude d'ingénieurs, préfèrent trouver une solution "technique", en tout cas à court terme, alors qu'aux Pays-Bas, fidèles à leur habitude d'être à la pointe des nouvelles technologies et modes, refaconnent l'environnement afin de permettre à la nature de reprendre progressivement ses droits. Et pourtant, les Pays-Bas ont adopté une stratégie tellement classique, échanger de l'espace (des terres à disposition de l'eau) contre du temps (avant d'être submergé).

Victor Fèvre

Publié dans Die ganze Welt

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ZI 29/05/2009 12:19

Pas que la BNF d'ailleurs, le museum d'histoire naturelle risque de boire la tasse. Désespérant.

Je ne serais pas d'accord sur le caractère insuffisant du terme "changement climatique". C'est déjà un progrès par rapport à "réchauffement climatique" qui même si c'est techniquement vrai, obscurcissait le débat au près du grand public (le syndrome "mais il neige à Athènes pendant que vous me parlez de réchauffement".....)

Frederic 28/05/2009 03:27

En France, on commence à s'inquiéter pour la fameuse crue centenaire de la Seine mais aux niveaux infrastructures pour éviter le pire, je n'ai pas trop de détails sur les nouveaux aménagement.

Ce qui est sur, c'est la Très Grande Bibliothèque à toute les chances d'avoir les pieds dans l'eau, ce qui sera désastreux pour les millions d'ouvrages qu'elle contient.

''Prévenir avant d'agir''...Il semble que ce risque n'a pas était pris en compte dans nombres autres ouvrages.