Merkel veut se séparer des schémas de la Guerre Froide

Publié le par Victor Fèvre


Aujourd'hui, c'était au tour d'Angela Merkel de déclarer ce qu'elle attendait du sommet du soixantenaire de l'OTAN. Le texte complet n'est pas encore disponible, seulement un résumé et la vidéo.

Par contre, c'est beaucoup moins concret que le Ministre Jung il y a quelques jours. Mais plus intéressant.

Les trois points importants sont:

1. Il faut un nouveau Concept Stratégique, on savait.
2. Il ne faut pas d'OTAN globale, c'est-à-dire qu'il faut limiter les adhésions pour éviter d'avoir une OTAN mondiale
3. Libérons-nous des schémas de la Guerre Froide

C'est ce troisième point qui est vraiment intéressant. Il s'agit essentiellement du partenariat avec la Russie. Si nous restons prisonniers de l'opposition Est-Ouest de la GF, nous ne parviendrons pas à établir une relation saine avec la Russie.

Cela vaut également pour les PECO - il ne faut pas les voir comme des États anciennement dans le Bloc de l'Est ou des États sous influence russe. Si la motivation de ces États pour adhérer à l'OTAN et l'UE est d'échapper au contrôle de la Russie, il faut les en empêcher, car c'est construire une relation sur de mauvaises bases. Il faudrait les considérer comme des États souverains - nous, mais aussi la Russie.

Enfin, se libérer des schémas de la Russie, c'est également abandonner le jeu avec l'Iran. Un Shah de Perse pour l'Ouest, puis un Iran pour les Soviétiques... La stratégie russe en Iran serait imprégnée des schémas de pensée de la GF. Merkel met la Russie en garde qu'en fait, l'Iran a radicalement changé, et que bientôt, il pourrait constituer une menace pour la sécurité russe, d'ailleurs la même qu'envers nous.

En gros, c'est donc une fin des stratégies d'influence du style "États-satellites" que préconise Merkel.

Et ce alors qu'il y a deux jours, le Président Köhler, mon grand favori de la politique allemande, a fait un énorme discours (disponible ici) sur la responsabilité que l'Allemagne avait à accompagner des États. Une vraie politique de développement, pas de la gesticulation politique. D'ailleurs, ce discours est si dense qu'il mérite un billet à part. Le Président tend toujours à affirmer une émancipation de la politique étrangère allemande.

Victor Fèvre

Publié dans Allemagne

Commenter cet article