Précision au sujet de la Syrie

Publié le par Victor Fèvre


Excusez-moi, une remarque que j'ai faite au sujet de la représentation diplomatique néerlandaise en Syrie provoque de plusieurs côtés déjà des réactions diverses.

Je ne m'étais pas rendu compte à quel point je m'étais engagé dans un champ de mines. Voici pour clarifier les choses:

(1) la qualité d'un ambassadeur ne dépend pas du fait que ce soit un homme ou une femme

(2) mais on ne peut nier que la place d'une femme dans la société des pays musulmans est différente de chez nous (encore que cette partie du Proche-Orient, le côté Méditerranéen plus orienté vers l'Ouest, et non vers l'Est, est la plus égalitaire, un peu à l'image des Pays du Maghreb)

(3) cette différence peut mener à des malentendus

(4) je citerai comme exemple l'épisode de l'ambassadeur des États-Unis en Irak avant la 1ère guerre du Golfe. C'était une femme, April Glaspie. Or, Saddam Hussein n'a pas compris/pas voulu comprendre/pas jugé l'importance de la position américaine, ce qui l'a mené à envahir le Koweit, en pensant que les Américains ne réagiraient pas. Le fait qu'il ait eu affaire à une femme a sûrement affecté son jugement

(5) en diplomatie, il faut éviter à tout prix les malentendus. Si ce prix, c'est d'éviter de mettre une femme comme ambassadrice dans un pays où certaines personnes sont susceptibles de ne pas prendre sa parole 100% au sérieux, je suis d'avis que c'est un sacrifice à faire.

(6) car dans une ambassade, il ne s'agit pas d'imposer un style, mais de s'adapter au pays où l'on est.

(7) je terminerai par l'exemple de la France dans l'OTAN. La nomination de Mme Pascale Andréani est d'une habileté inouie, à l'heure où on prépare la ré-intégration complète de la France. Et c'est une personne d'une qualité incroyable.

J'espère avoir dissipé tout malentendu à ce sujet et regrette m'être moi-même mal exprimé, prêtant à malentendu.

Victor Fèvre

Publié dans Die ganze Welt

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ZI 26/01/2009 21:12

L'argument peut sans doute être étendu à bien d'autres sujets et pas seulement les femmes. Il est absolument nécéssaire de faire attention au facteur culturel mais c'est une évidence je suppose.

A ce sujet, l'etude de bruno tertrais sur la dissuasion vaut le coup d'oeil. Elle est sur défense ouverte et mon blog, la partie sur les problèmes de compréhensions du entre autre par des malentendu d'origine culturelle vaut le coup d'oeil.

Victor Fèvre 27/01/2009 10:01


Merci!

VF


Victor Fèvre 26/01/2009 13:08

Exactement.

Commentaire très juste.

C'est pourquoi par exemple il est aussi intéressant d'avoir des femmes dans des postes importants dans les Pays Scandinaves.

VF

clarisse 26/01/2009 11:56

Merci, cette mise au point était nécessaire, la remarque semblant effectivement sexiste (l'argument n'étant pas convaincant).
L'exemple de l'Irak ne me paraît pas significatif, car je pense qu'on peut trouver de bons contre-exemples.

L'ambassadeur doit aussi être choisi par rapport à la personnalité du chef d'État ou du gouvernement du pays dans lequel il se trouve : là, homme ou femme, tout est question de connaître ce qui va lui plaire ou le mettre le plus en confiance...

Concernant la place/rôle des femmes dans les pays musulmans, je ne suis pas d'accord avec cette approche.
Chaque pays, chaque gouvernement est spécifique à une période donnée de son histoire. Il n'y a pas de règle en la matière, et surtout pas celle des généralités.

Il peut être stratégiquement intéressant d'avoir une femme comme ambassadeur si le gouvernement comporte des femmes : une "connivence", si tant est que l'on puisse la nommer ainsi en diplomatie, peut s'installer dans les relations de travail et permettre à certains messages de passer de façon indirecte, dans les deux sens. (Par exemple au Pakistan, deux personnalités différentes : l'ambassadeur US Anne Paterson - la porte-parole du gouvernement pakistanais Sherry Rehman).