Conseil de Sécurité de l'ONU

Publié le par Victor Fèvre


Suite à ma remarque hier sur les exportations d'armes, je voudrais faire le point sur le Conseil de Sécurité des Nations Unies.
Le but à moyen terme inavoué de l'Allemagne est en effet d'intégrer le Conseil de Sécurité de l'ONU en tant que membre permanent. Elle est en effet le seul État éligible dans la sphère germanophone...

(1) Élargir le nombre des membres permanents du Conseil de Sécurité est ouvrir une boîte de Pandore

(2) L'Allemagne ne possède pas le feu nucléaire. D'abord une décision alliée après 1945, puis un choix délibéré.

(3) Mais l'Allemagne est très puissante. Depuis sa réunification en 1990, elle a lentement manoeuvré pour démontrer sa puissance, d'abord économique (exportations, pas seulement d'armes...), puis politique (UE surtout), puis militaire (début et montée en puissance des OPEX). C'est devenu une grande puissance.

La constellation géopolitique actuelle:

- la France serait sûrement l'avocate de l'Allemagne
- l'Angleterre ne devrait pas avoir d'objections. Création d'une solidarité européenne, regroupant à nouveau la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne.
- la Russie pourrait habilement accepter la candidature allemande, en alimentant subtilement la peur d'encerclement polonaise, semant la zizanie au sein de l'UE. Peut-être qu'elle souhaitera aussi faire entrer un État-ami.
- les États-Unis voudront en contrepartie, pour accepter l'Allemagne, faire entrer soit le Japon, soit l'Inde, afin de contenir la Chine, et seront sûrement l'avocat d'un élargissement encore plus large.
- justement, la Chine voudra éviter à tout prix l'entrée du Japon ou de l'Inde. Droit de Veto.

- un certain nombre d'autres pays se mobilisera alors pour trouver un avocat afin de rentrer également. Je songe particulièrement au Brésil, peut-être au Mexique, pourquoi pas un État africain?

Conclusions:

> Faire rentrer l'Allemagne consistera à réformer le Conseil de Sécurité de l'ONU et à faire rentrer d'autres pays, changeant l'équilibre

> Vu le droit de Veto, une réforme et un élargissement du Conseil de Sécurité le rendra encore plus inapte à prendre des décisions en commun. De ce point de vue, ce serait porter un grand coup, peut-être fatal, à l'Organisation des Nations Unies.

> La situation est immobilisée pour le moment. À court terme, rien ne changera.

Victor Fèvre

Publié dans Allemagne

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