Les quatre déficits

Publié le par Victor Fèvre


Ce soir, j'ai regardé un documentaire très intéressant sur CNN sur la situation économique des États Unis. Or, il se trouve que bon nombre des éléments sont vrais pour d'autres pays occidentaux... Voilà leur grille d'analyse:


1. La dette publique. Elle a complètement explosé les derniers temps, et le basculement prochain de la pyramide des âges ("papy-boom"), avec ses conséquences au niveau des dépenses dans le social et médical et le "manque à gagner" auprès des jeunes, risque de rendre la situation encore plus critique.


2. La dette privée. Les ménages sont dissuadés d'épargner aujourd'hui. Aux USA, le taux d'épargne des ménages est même négatif depuis quelques années (!!!). Même si la crise financière actuelle a soudainement effrayé les épargnants, il s'agit plutôt de l'état d'esprit que l'on peut facilement dépenser, sans avoir le financement. C'est le problème que l'on a rencontré surtout en Islande ou en Irlande, un peu moins chez nous, mais la tendance est la même (acheter des voitures à crédit).


3. La balance commerciale négative. Elle est négative pour l'UE, pour la France. Il n'y a que l'Allemagne qui a une balance spectaculairement bonne. À moyen terme, c'est très mauvais pour l'économie touchée.


4. Le manque de courage politique des décideurs, du pouvoir exécutif mais aussi législatif, ou des institutions bancaires, pour réellement tenter de régler les problèmes financiers actuels.


Et en ce début de récession, les États ne vont certainement pas réduire les dépenses et augmenter les impôts.



Dernière remarque: en 1956, suite à la nationalisation du canal de Suez par le Général Nasser, la France et la Grande-Bretagne lancent une offensive pour s'emparer du Canal. C'est une victoire militaire, contrairement à ce que certains ont prétendu. L'URSS menace d'intervenir, les USA ordonnent aux deux pays européens de retirer leurs troupent, rien n'y fait.

C'est alors que le gouvernement américain menace le Royaume-Uni de cesser de le financer. En effet, les USA possédaient la quasi-totalité des bons du trésor anglais. Et là, c'était radical. Les soldats ont dû se retirer. Non seulement une défaite politique, aussi une défaite financière.

Et rien d'étonnant si la conclusion britannique après la crise de Suez était que désormais, il lui était impossible de mener une politique sans l'approbation des États Unis (alors que la France a emprunté le chemin contraire).


Victor Fèvre

Publié dans Die ganze Welt

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Willy 24/11/2008 23:28

http://www.alexcartoon.com/index.cfm?cartoons_id=3312

Are we looking for an equilibrium ? And yes, we have to find out, what variables are critical to risk or changes. Think global, act local or what can we do more ?