Sommet germano-italien à Trieste pour désamorcer la crise

Publié le par Victor Fèvre


Il était devenu urgent pour le gouvernement allemand de s'entendre avec le gouvernement italien. En effet, un nuage surgissait à l'horizon...

La Cour de Cassation italienne a condamné cette année l'État allemand à deux reprises à indemniser des particuliers italiens, spoliés lors des exactions nazies sur territoire italien.

(1) des possessions allemandes en Italie telles que le Goethe Institut pourraient être saisies

(2) l'Allemagne a versé des dommages et intérêts en 1961à l'Italie et rendait toute revendication supplémentaire caduque

(3) normalement, dans le droit international, un particulier ne peut pas accuser un autre État en justice. C'est l'immunité étatique. Donc, cette décision italienne pourrait faire jurisprudence, et ce sur le monde entier

(4) les conséquences pourraient être astronomiques, en tout premier lieu pour l'Italie (Lybie, Éthiopie...), mais partout sur le monde entier. N'importe qui n'importe où pourrait accuser un État s'il a vécu des sévices, et hélas, si toutes ces personnes allaient en justice, tout le système juridique international s'effondrerait.

Donc, afin de conserver l'ordre en place, il a semblé préférable, tant pour l'Allemagne et l'Italie, de limiter les dégâts. Ainsi, pour la forme, l'Allemagne attaquera l'Italie au Tribunal International de La Haye (Pays-Bas), pour annuler l'application de ce jugement. Et l'Italie soutient l'Allemagne...
D'ailleurs, pour bien affirmer la volonté commune des deux États à s'entendre, le Ministre des Affaires Étrangères, Steinmeier, a visité officiellement un camp de concentration près de Trieste, pour afficher la réconciliation définitive entre l'Allemagne et l'Italie.

> Beau rapprochement avec l'Italie pour l'Allemagne, qui peut continuer à affirmer qu'elle a des intérêts à défendre dans une Union Pour la Méditerranée... n'en déplaise aux francais!

> Dure journée pour Steinmeier, qui doit en même temps aussi essayer de se débrouiller à être présent sur la scène intérieure à cause de la situation catastrophique des industries automobiles allemandes, entraînées dans la crise financière. Son profil doit devenir plus national. Et la crise financière profite plus à la droite en allemagne qu'à la gauche (contrairement aux États-Unis dernièrement): la droite, de manière totalement schizophrène et comme Olivier Kempf le remarque tout à fait justement sur EGEA, tente désespérément de sauver les grandes marques de l'industrie automobile, meilleur baromètre de la santé de l'économie allemande, et ce par des moyens keynésiens. Si cela marche, la CDU gagnera beaucoup de points en septembre prochain.

Victor Fèvre

Publié dans Mare Nostrum

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