Le SPD ne veut plus de réforme constitutionnelle

Publié le par Victor Fèvre


Alors que le SPD avait décidé dans le Koalitionsausschuss en faveur d'une modification d'un article de la Constitution pour rendre des OPINT de la Bundeswehr possibles (voir ici), elle a annoncé ici comme quoi finalement, elle ne veut plus de cela et qu'elle rejette une telle réforme.

C'est très étonnant qu'elle se rétracte. Finalement, les hommes politiques du SPD ont quand même peur des chimères du passé. Pourquoi ont-ils alors joué le jeu auparavant? Le SPD n'est pas d'accord et fait preuve de faiblesse politique. Ce n'est pas une bonne opération de relations publiques.

Maintenant, trois scénarios sont possibles:

1) la proposition passe quand même devant le gouvernement, où le SPD revient à sa position initiale

2) si le SPD ne veut pas modifier son cours, on pourrait modifier un peu la réforme pour la rendre potable pour le SPD (même si je suis sceptique)

3) on attend les prochaines élections l'année prochaine, en ne faisant pas avancer le dossier. Là encore, le SPD perd des points car un tel revirement dans une affaire d'une telle importance n'incite pas à le choisir pour gouverner

Le SPD a maintenant vraiment sa traversée du désert. Il lui manque une vraie figure de proue (Steinmeier manque de charisme et a une marge de manoeuvre très limitée, étant dans le gouvernement et pouvant être court-circuité en politique étrangère par Merkel), et bien que l'aile gauche du SPD, dirigée par Kurt Beck, ait été repoussée avec le retour du patriarche Müntefering (qui s'était écarté à cause (1) des jeunes "gauchistes" aggressifs (2) de la maladie de sa femme), il n'y a pas de grande ligne politique qui est menée.

Il n'y a quelques hommes politiques d'envergure qui ont rescapé à la purge (cf. Wolfgang Clement, écarté de manière odieuse), et maintenant, il y a un écart croissant entre les quelques qui sont au gouvernement et une foule de jeunes prétendants au trône, plus à gauche encore, assez inexpérimentés (ex: Andrea Nahles, Ypsilanti), car longtemps repoussés par Müntefering, défendant la ligne du Chancelier Schröder.

En tout cas, ce n'est pas de la haute politique que ce que vient de faire le SPD.

Victor Fèvre

Publié dans Allemagne

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