Rencontre des MinDefs à Deauville

Publié le par Victor Fèvre


Aujourd'hui et demain, les ministres de la défense de l'UE se rencontrent de manière informelle à Deauville en France pour discuter des enjeux de défense européens.

D'après l'ordre du jour du ministre néerlandais van Middelkoop, il y aura d'abord des préoccupations purement opérationnelles: les missions Althea en Bosnie-Herzégovine qu'il s'agit de mener à bout et de la mission en Somalie, qui est sous le signe de préoccupations humanitaires et de piraterie (sans commentaire sur certains T-72...).

Ensuite, malgré la difficile situation financière, il faut absolument augmenter la capacité opérationnelle dans les domaines suivants: EATF (European Air Transport Fleet), hélicoptères de transport, Carrier Task Force Cooperation, technologie spatiale militaire, lutte contre les mines, R&D, rapprochement entre l'Agence de Défense Européenne (EDA) et l'Organisation Conjointe de Coopération en matière d'Armement (OCCAR).

Le Capacity Development Plan de l'EDA doit être modifié aussi - essentiellement des questions de communication, équipement anti-EEI, hélicoptères etc.

Une rencontre très technique donc, et qui souligne les besoins des armées européennes modernes. Mais comment concilier des nouveaux contrats d'armement, une meilleure capacité opérationnelle et un manque d'argent? L'exemple de l'A 400 M que j'avais signalé hier montre bien le double visage de la politique de défense aujourd'hui. Les caisses de l'État sont presque toujours vides. Donc, on fixe des priorités. C'est comme le temps. Je n'en ai pas et je n'en aurai jamais; je le prends.


Puisque nous en sommes aux paradoxes, je ne peux pas m'empêcher de signaler un faux-pas diplomatique du ministre allemand des affaires étrangères Steinmeier, signalé sur ce blog allemand, reprenant un article de la version écrite de la très sérieuse Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Lors de son apparition au siège New-Yorkais de l'ONU le 26 septembre dernier lors de l'Assemblée Générale, Steinmeier s'est entretenu pendant une demi-heure avec le ministre Cubain des affaires étrangères, Pérez Roque. Or, tous contacts politiques de haut niveau ne sont pas autorisés selon l'UE tant qu'il y aura 230 prisonniers politiques au Cuba. Mauvaise idée.

Ce qu'il y a d'amusant, c'est que sur la même page 4 de l'édition de lundi du journal, il est mentionné que Steinmeier a rappelé auprès de lui avec courroux l'attaché militaire allemand à Téhéran. Il avait assisté à une parade militaire alors que les ambassadeurs de l'UE avaient décidé de boycotter l'événement. Commentaire du blogueur allemand:
Quod licet Jovi, non licet bovi!

Victor Fèvre

Publié dans UE

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