Opération "Market Garden", 64 ans après

Publié le par Victor Fèvre


À partir de demain, l'opération "Market Garden" (1944) sera commémorée aux Pays-Bas.

C'était une opération aéroportée montée entièrement par le Général britannique Montgomery qui voulait montrer qu'il était capable de mener une opération d'envergure, à un moment où il se sentait évincé par Bradley ou Eisenhower. C'est pourquoi il décida quand même d'envoyer les milliers de paras, malgré les informations des résistants néerlandais comme quoi une division SS était encore stationnée au plein milieu de la zone de largage.

C'était un bon plan pourtant - à l'origine - s'emparer des ponts sur la Meuse et le Rhin et les canaux importants pour permettre de déborder rapidement les Allemands retranchés dans les Ardennes pour s'engouffrer dans la Ruhr depuis la ville d'Arnhem. Mais, c'était "un pont trop loin", d'après les dires de Montgomery, ne pouvant admettre son énorme erreur. En effet, les paras furent tout simplement décimés. Malgré de nombreux faits d'armes, notamment les tireurs d'élite britanniques, beaucoup de soldats alliés furent tués et les survivants capturés.

Ce n'est qu'un exemple historique qui démontre bien à quel point les opérations aéroportées sont meurtrières. Oslo ou Crète (!!!!!!) du côté allemand, Arnhem ou la Normandie pour les alliés. L'opération "Dragoon" en Provence est l'opération qui était encore la plus réussie. Même plus tard, surtout dans les guerres coloniales francaises, les paras endurèrent des pertes effroyables.

C'est ce qui consolida entre autres leur réputation d'unités d'élite, prêtes au sacrifice suprême à tout instant.

Et dans trois jours commence l'exercice "Uruzgan Integration" pour les Néerlandais - un exercice interbrigades coordonnant des forces aéromobiles, mécanisées, logistiques, de soutien pour se préparer à coopérer en opération en Afghanistan. Aujourd'hui, les soldats ne sont plus parachtutés depuis des avions de transport, mais sont héliportés, soutenus par des hélicoptères et des avions de combat (Apache et F-16). En effet, l'aguerrissement et l'entraînement sont importants pour apprendre à bien communiquer.

Car ce qui peut faire gagner la guerre en Afghanistan (car pour moi, c'est une guerre), c'est de pouvoir communiquer en opération, ainsi que s'assurer le soutien de la population, tant autochtone que dans la patrie. Et pour l'instant, dans cette guerre de la communication, les alliés ont encore des choses à apprendre des Taliban.

Victor Fèvre

Publié dans Pays-Bas

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article