Merkel: femme la plus puissante du monde?

Publié le par Victor Fèvre

Vous aurez vu que dernièrement, le magazine Forbes a classé la Chancelière allemande Angela Merkel (CDU) pour la troisième fois consécutive "femme la plus puissante du monde".

Est-ce que cela a réellement un impact sur la géopolitique?

Non, car tout d'abord, elle a été choisie parce qu'elle avait mené des réformes importantes au niveau intérieur. Ensuite, même si elle est peut-être la femme la plus puissante du monde, elle n'use pas de sa puissance. Le Caucase nous l'a bien démontré.

Le Caucase fait partie de la zone d'intérêt de l'Allemagne, historiquement. Pendant la Seconde guerre mondiale, Erwin Rommel, s'il avait franchi le Nil et traversé la Palestine, aurait très probablement bifurqué vers le Caucase à cause de ses ressources énergétiques. Sur le Front Est, la Wehrmacht a tenté d'y aller.

Pourtant, l'Allemagne a raté le coche. Comme tout l'Occident, elle s'est laissé surprendre par la crise qui a secoué le plus ancien pays chrétien du monde, la Géorgie. Après coup, elle essaie de se ressaisir, mais il est trop tard. Elle a toujours voulu maintenir des relations privilégiées avec la Russie, mais dans un entretien hier à Sotchi entre le journaliste allemand Thomas Roth (ARD) et Vladimir Poutine, ce dernier a bien fait comprendre que les allemands ne pourraient jouer un rôle qu'une fois les forces de maintien de la paix en place, en participant éventuellement à cette opération.

Donc, au point de vue diplomatique, encore un mauvais point pour l'Allemagne. Les relations entre Merkel et son ministre des affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier (SPD) sont tendues, et Steinmeier n'a presque pas de liberté de manoeuvre. Comme Merkel se consacre de plus en plus à ses problèmes purement allemands car tous craignent les élections de l'année prochaine (septembre 2009). Il s'agit de mener la coalition sans heurts majeurs jusqu'à échéance puis de revendiquer pour soi le bilan positif en se défaussant des échecs.

En attente d'un nouveau président américain, l'Allemagne préfère donc patienter en matière de politique étrangère: il est urgent d'attendre!

Mais il reste encore les affaires courantes: les Allemands se préoccupent beaucoup de l'Afghanistan. Comme les néerlandais, qui ne parlent que de l'Uruzgan (la province méridionale où ils sont déployés) - au fait, dans le classement de Forbes, une seule néerlandaise: Neelie Kroes, membre de la Commission Européenne, à la place 47.

Victor Fèvre

Publié dans Allemagne

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