Jeudi 2 octobre 2008
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Aujourd'hui, il y avait la 10ème consultation entre les gouvernements allemands et russes à Saint Petersbourg. Le gouvernement allemand entretient plusieurs de ces relations diplomatiques
privilégiées.
Néanmoins, cette fois-ci, c'était nettement plus "froid" que d'habitude. Normalement, ce genre de visites dure deux jours, mais le programme a été écourté à une seule journée. Les positions étaient
très tranchées et claires. La Russie est strictement contre une adhésion éventuelle de la Géorgie et de l'Ukraine dans l'OTAN, alors que l'Allemagne veut leur permettre l'adhésion.
Points communs: la crise des marchés financiers et l'oléoduc dans la Baltique. La Russie en tant qu'État voudrait être plus impliqué dans les mécanismes de régulation internationaux et l'entreprise
E-ON achète 25% moins une part d'un projet de forage en Sibérie d'où du pétrole doit être acheminé vers l'Allemagne par l'oléoduc Northstream.
En conclusion, le rapport de force n'est pas favorable à l'Allemagne. Même si les apparences sont sauves et que Merkel affirme qu'il n'y aura plus jamais de guerre froide, la question géorgienne
n'est donc pas du tout négociable. Même ce contrat pétrolier n'est pas forcément positif; la sécurité énergétique devient de plus en plus importante et cela devrait être une priorité pour
l'Allemagne de diversifier ses sources et de dissocier les pays producteurs des pays transporteurs de matières premières, comme je l'avais indiqué ici.
Dernière remarque: demain, c'est la fête nationale allemande, commémorant la réunification le 3 octobre 1990.
Victor Fèvre
Par Victor Fèvre
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Lundi 29 septembre 2008
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11:00
Il faut absolument que je vous signale un article très intéressant par Jan Techau, membre
entre autres de la "Deutsche Gesellschaft für Auswärtige Politik" (DGAP) sur la Russie.
Il dit plusieurs choses très intelligentes. Voici une petite analyse:
1) La politique russe n'a finalement pas tant changée. Soit. Mais il s'agit pour lui essentiellement de la peur existentielle d'encerclement, que la Russie tente désespérément de
contrer.
2) La Russie mène une politique à somme nulle. Si quelqu'un gagne sur un terrain, un autre y perd. C'est tout le contraire de la politique européenne, qui veut une politique
étrangère à somme positive (gagnant-gagnant).
3) La Russie a le pouvoir de diviser l'Europe. Elle peut très rapidement déclencher le réflexe de peur dans les Pays Baltes et ceux d'Europe centrale, en jouant notamment sur
l'approvisionnement et la distribution de gaz. Donc, la Russie décide si l'UE peut décider à l'unanimité...
4) La Russie a des moyens d'actions stratégiques et opératifs: des forces conventionnelles énormes, protégées par un bouclier nucléaire. De plus, la Russie peut mobiliser ses
minorités (Abkhazie, Ossétie du Sud et bientôt la Crimée...)
5) Cela explique toutes les provocations russes: coupures d'approvisionnement en gaz de plusieurs pays européens, embargo contre la viande polonaise, violations répétées de l'espace
aérien norvégien, cyber-attaque sur l'Estonie après l'affaire du monument au soldat soviétique, vente d'armes à n'importe qui, obstruction des sanctions contre l'Iran...
L'auteur préconise une politique de longue haleine, pas de réaction trop rapide et inefficace car la Russie gagnera, visant à rassurer la Russie. L'auteur salue ici la politique du Président Sarkozy.
Toutefois, il ne faut pas être naif et il est également vital de diversifier ses sources d'énergie, et de dissocier la fonction de fournisseur et producteur d'énergie. Diminuer aussi le rôle de
North Stream et d'inclure la Pologne dans l'oléoduc.
J'ajouterai qu'il faut se pencher également sur la personnalité de Poutine pour comprendre la politique russe. Il a été formaté par ses années de service au KGB, il est donc un héritier direct de
la guerre froide. Pas de surprise de ce côté-là.
Mais donc, je ne pense pas qu'il mène une vraie "politique" impérialiste. Il cherche à chaque fois un avantage direct (à relier avec l'idée de la politique à somme nulle). Avantage qui peut être
personnel. Même si Eltsine était corrompu, Poutine (et Medvedev) l'est aussi! La population russe ne le remarque pas car elle a l'impression que grâce à Poutine, la Russie a retrouvé son prestige
d'antan, mais il y aura un moment où elle s'apercevra à quel point le capital provenant de ses sources d'hydrocarbures sibériennes est concentré à Moscou.
Dans un autre registre, je veux voir ce que va donner la province septentrionale de l'Amour. La Chine a déjà colonisé le terrain économiquement - mais Moscou ne voudra pas abandonner le territoire
revendiqué de longue date par Péking.
Victor Fèvre
Par Victor Fèvre
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Dimanche 14 septembre 2008
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15:59
Le hasard veut que je viens de lire le livre "Les Enfants Modèles" de Paul Thorez (fils de Maurice Thorez) sur ses vacances idylliques à Artek, près de Yalta, centre de vacances pour les enfants
des privilégiés du système soviétique. Au fur et à mesure de la lecture, on s'apercoit que l'auteur prend de plus en plus de distance avec ce qu'il considérait à l'époque comme un camp modèle dans
un pays de rêve.
Si Paul Thorez saisit peu à peu l'absurdité, l'injustice et l'incohérence du système soviétique, avec la classe des dirigeants complètement corrompue, et qu'il raconte ses rencontre avec Staline et
les autres Grands de l'URSS, il se rend compte également des paysages sublimes qui ont bercé son enfance, dans la magnifique terre de Crimée. En effet, rien n'a changé depuis les Tsars et les
bonzes du parti vont en villégiature à la Mer Noire. Ce n'est pas un hasard si les Jeux Olympiques d'hiver de 2014 auront lieu à Sotchi (tout près de la frontière géorgienne) - si la Russie
possédait encore la Crimée, les jeux auraient eu lieu là-bas sûrement.
Or, bien que la flotte russe de la Mer Noire soit stationnée à Sébastopol, la Crimée appartient aujourd'hui à l'Ukraine. Et comme on peut le lire sur cet excellent blog (
http://egea.over-blog.com/article-22008274.html ), après la Géorgie, le prochain conflit de la Mer Noire sera la Crimée.
Hier soir a été présenté à la télévision allemande le premier reportage sur la Crimée, par le correspondant à Moscou Thomas Roth, qui avait précédemment eu un entretien particulier avec Vladimir
Poutine ( http://rdo.geopolitique.over-blog.com/article-22365908.html ). Une grande partie de la population est d'origine russe et ne veut surtout pas d'une intégration de l'Ukraine dans l'OTAN.
Or, c'est l'objectif avoué du gouvernement de Kiev. Il y aura donc sûrement des tensions dans les prochains mois. Mais cette fois-ci, les européens (et donc aussi l'Allemagne, vu l'attention des
médias) sont à l'affût - aideront-ils aussi l'Ukra
ine, qui veut se distancer du grand frère russe? Je le pense.
Par Victor Fèvre
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